Critiques

Orchestre de Mulhouse : ” Une pénétrante sensibilité

Le concert de “Orchestre symphonique de Mulhouse, au théâtre de la Sinne, a pris un caractère tout particulier: inhabituel, en effet, de voir officier au pupitre de direction une personnalité politique. L’ancien ministre de Raymond Barre et Michel Rocard, Lionel Stoléru, économiste sorti de Poly­technique et des Mines, aujourd’hui conseiller du président de l’Ukraine, a toujours cultivé sa passion musicale, au piano d’abord, et depuis quatre ans plus souvent avec la baguette de chef. Ouvrant son programme mulhousien avec la musique de Ballet du Faust de Gounod, Lionel Stoléru en a traduit d’emblée, avec une pénétrante sensibilité, avec des gestes un peu expansifs, l’essence élégante. Dans le troisième Concerto pour piano de Beethoven, le chef et le soliste, tout comme J’orchestre, déployèrent au service de l’oeuvre une amicale complicité.

Cyprien Katzaris avait il y a quelques semaines joué le même concerto à Strasbourg, où il semblait le survoler sans trop appuyer sur le son. A Mulhouse, il l’a attaqué avec une solide assise sonore, sans presser les temps des deux premiers mouvements, réservant au final la vivacité la plus grande. Beethoven encore, avec la Symphonie pastorale dont Lionel Stoléru dégagea l’exacte atmosphère. L’orchestre, en excellente forme, avait apporté au chef son entier concours et on peu.t complimenter les premiers pupitres tout comme l’ensemble de la formation.

Lionel Stoléru et les musiciens ont ensemble assuré à la soirée un succès mérité. La Polonaise d’Eugen Onéguin de Tchaïkovski compléta, en bis, ce programme.

Marc Munch


Les Flâneries de Reims

Alors, que se considèrent comme vraiment privilégiés les quelques six cents mélomanes qui ont pu entrer. Ils ont participé à un moment de musique exceptionnelle, grâce à l’interprétation magistrale de Chopin par Claude Maillols au piano, et celle, symphonique, de César Franck par l’orchestre d’Olomouc. Le tout sous la baguette magique de Lionel Stoléru.


 

La Lettre du Musicien (Avril 2007)

L’ancien Ministre Lionel Stoléru donnait avec son Orchestre romantique européen un concert Salle Gaveau mêlant des oeuvres de Weber et Berlioz. Dans l’Ouverture d’Obéron , la direction de Lionel Stoléru s’avère totalement sincère .Dirigeant ensuite par coeur la Symphonie Fantastique de Berlioz ,Lionel Stoléru témoigne d’un engagement symphonique sans langue de bois.

L’Orchestre de Normandie : “La rigueur de Lionel Stoléru

L’Ensemble Orchestral de Normandie de Jean-Pierre Berlingen, admirable instrument dont on connaît l’assurance et la fidélité à (‘expression artistique originelle, dont on apprécie la qualité interprétative dans tous les genres de la musique, était emmené ce soir-là dans un élan irrésistible par Lionel Stoléru.

Un homme, un chef qui sait mieux que personne ce que rigueur veut dire, lui, le brillant économiste, l’ancien ministre et aujourd’hui le conseiller de grands chefs d’Etat.

Et pourtant, devant l’orchestre au grand complet, entièrement pris par la musique, de quel lyrisme ne se laissait-il pas emporter!

C’est par Mozart, le divin, le plus pur, qui à sa manière naïve et franche fait s’épanouir les plus belles corolles mélodiques, que le concert commença. Un coup de fantaisie, quelques arpèges qui courent, quelques trilles qui modulent, et nous voici dans l’ambiance avec l’ouverture des “Noces de Figaro”.

Une introduction féérique pour le concerto, pour piano et orchestre en si bémol majeur du même compositeur. Au piano une musicienne sensible et sûre : Danièle Renault-Fasquelle, professeur au Conservatoire de Lyon. La musique est un jeu, un jeu sonore d’une extrême subtilité, était alors dévoilée au piano avec des phrasés simples et des variations imprévues, tandis que l’élément expressif de l’orchestre était conduit de main de maître, ni trop, ni trop peu, par Lionel Stoléru, et cela malgré la très légère différence de tonalité du piano à queue qu’une oreille affinée pouvait remarquer.

Schubert, dont on entendit ensuite la symphonie N°4 en ut. mineur, est le premier vrai romantique de la musique. C’est pourquoi ce compositeur est particulièrement cher à Lionel Stoléru qui nous avait avoué sa préférence pour la musique romantique. Et le voir diriger ainsi J’orchestre avec une telle précision, et en même temps avec une telle flamme, on pouvait le croire porté par la musique. Il “était en effet, mais sans jamais cesser de la maîtriser. Musique secrète, musique d’une suprême acuité intèrieure, musique de clairvoyance que des éclairs illuminent par instant ou que la sérénité apaise comme dans cet andante éthéré chanté par les violons seuls…

En un mot musique de merveille d’un génie épris de liberté qui a résonné très fort dans tous les coeurs.

Alexandre VERNON